Ce mercredi 28 avril 2009 est une triste date pour la démocratie!
Pour la énième foi, le projet de loi liée à HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet) sera représenté à l'Assemblée Nationnale. Et dire qu'il venait tout juste d'être bloqué (une énième fois), dans un sursaut démocratique (surtout propulsé par la couardise des députés préférant l'absence plutôt que la responsable et courageuse affirmation de leur conviction démocratique)!
Effectivement, en ce mois d'avril 2009, le pouvoir démontre, encore une fois, son irrespect pour la démocratie. L'omni-président de ce qui fut la 5éme république, l'affirme haut et fort: cette loi passera de toute façon. Qu'importe la démocratie et le processus législatif, ce n'est la qu'un détail qui ralentit l'inévitable, tout au plus!
Dans un billet précédent, je décortiquai ce projet et j'allai gratter les fondements de cette honte nationale qui met en péril les derniers pans démocratiques de cette pauvre nation.
Je ne vais donc pas réécrire ce que je décortiquai précédemment, mais pour résumer les choses:
Sous le fallacieux prétexte d'empêcher les supposées pertes financières de l'industrie du divertissement liées au téléchargement, le pouvoir en place veut faire passer un paquet de lois qui:
- pénalise l'échange de données (vidéo, audio, texte...) sur internet (et par extension, tout échange direct entre particuliers).
- interdit la duplication,la conservation,l'échange et le téléchargement privé de données (même au titre de sauvegarde).
- Interdit la diffusion de données sous licence.Mais de facto interdit aussi la diffusion de données SANS licence!
- Institut les fondements préalables aux brevets intellectuels.
- Place l'Internet sous le contrôle d'intérêts privés et mercantiles.
- Rend quasi impossible la diffusion de contenu libre et/ou gratuit.
- Permet aux entreprises privées de pratiquer des écoutes sur internet (données, email,chat, mais aussi voix et autres flux de données numériques).
- Remplace le pouvoir juridique des institutions légales ( et des magistrats) par celui des firmes privées
- Tente de rendre nulle la présomption d'innocence.
Seul point positif de ce paquet de lois : il déclare ironiquement l'inutilité de la fonction politique. Il est évident qu'après le passage de ces lois, aucun politicien n'aura de raison d'être, puisque les fondations mêmes de l'État n'auront plus d'existence. On pourra donc se passer de l'État et de ses fonctionnaires administratifs !
Il est vrai que les fondations de la démocratie en France étaient déjà bien faibles: article 49.3 et autres abominations antidémocratiques obligent:
Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale sur le vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent.")!: pathétique!
Il est difficile de justifier l'absence de référendum d'initiative populaire dans une démocratie. Et le principe d'ordonnance est encore plus injustifiable. Mais en France on décapita l'aristocratie héréditaire pour mettre en place un régime pseudo parlementaire dont les fondations incohérentes font le lit des comportements... oligarchiques! Et encore, le petit nobliau Sarközy de Nagy-Bocsa serait plus à l'aise dans la ploutocratie dont il défend si bien les intérêts... Ah si Napoléon avait su ce qui dirigerait la France, il n'aurait pas rétabli l'aristocratie...
Il est tout de même surprenant de constater que depuis les fondements du projet de loi de l'HADOPI jusqu'aux moyens scélérats de sa mise en oeuvre, rien n'est démocratique. Au contraire, c'est de la flibuste pour ne pas dire de la piraterie!
Pourquoi de la flibuste? Eh bien parce que les commanditaires seraient les barons de l'industrie du divertissement, et les flibustiers ne seraient autres que ces hauts fonctionnaires administratifs et autres scélérats de "responsables" politiques, aux méthodes et comportements relevant de l'escroquerie!
Étrange tout de même que ces ploutocrates méprisants s'érigent en sauveurs de la culture, des arts et des sciences... arts, sciences et culture qu'ils assassinent depuis plus de 50 ans. Il serait peut-être bon de rappeler à tous ces philistins que si les aristocrates des lumières avaient bien des torts, au moins ils avaient l'intelligence du mécénat et la culture des arts (ainsi que celle des sciences). Mais hélas, que peut-on espérer de barbares incultes lorsqu'ils s'emparent justement de l'art et de la culture? Qu'ils en fassent une marchandise et qu'ils l'exploitent jusqu'au tarissement !
N'est-il pas révoltant que ces scélérats poussent le cynisme jusqu'à incriminer l'internaute (puis l'ensemble des citoyens), à l'affubler du qualificatif de pirate, alors que justement, les pirates ce sont eux!
Eh oui, mais n'est-il pas logique que des bandits incultes, cupides et mercantiles, veuillent plus être maîtres que chanteurs...
Que penser des taxes sur les supports numériques, s'il ne s'agit là du rétablissement de l'inique taille?
Mais ne nous voilons pas la face, cette situation abjecte résulte de notre responsabilité. C'est la nation qui a permis cela. Ces individus malfaisants n'ont d'autre pouvoir que celui offert par le peuple. Aussi pervers et tordus soient-ils, ils n'ont que les moyens qu'on leur délègue. Ils ne sont ni créatifs, ni même puissants! Certes, ils usent de la corruption et du trafic d'influence, mais s'il n'y avait personne à corrompre ni à influencer, que pourraient-ils? RIEN!
Alors, comment se sortir de ce bourbier?
Peut-être tout simplement en fait! Et même en faisant d'une pierre deux coups:
- Décidons que la culture, les arts et les sciences sont des biens communs de notre espèce.
- Décidons que ces biens ne sont ni monnayables, ni aliénables par quiconque (comme tout patrimoine de l'humanité).
- Décidons d'en reconnaître symboliquement l'auteur, tout en abolissant la notion de propriété[intellectuelle].
- Décidons de supprimer les statuts d'artiste, d'auteur, d'inventeur et de chercheur.
- Donnons à tous l'opportunité de créer et d'inventer, même si ce n'est qu'une fois dans sa vie.
J'entends déjà bruisser les litanies des critiques:
- De quoi vont vivre alors les artistes, les chercheurs et les inventeurs?
- Qui va reconnaître la dimension artistique ou l'intérêt scientifique?
- Mais c'est du communisme, ça a fait la preuve de son inefficacité!
- ...
Ce à quoi je réponds :
- de quoi vivent l'immense majorité des artistes? Allocations! Petits boulots alimentaires!
- Quel est le statut majoritaire des chercheurs? Fonctionnaires ou assimilés!
- Qui décide qu'un tel aura le statut d'artiste? Un fonctionnaire administratif se basant sur des critères plus que discutables!
- Sur quel critère évalue-t-on la capacité créatrice d'un chercheur? Son nombre de publications! Son nombre d'heures d’enseignement ! Sur son nombre de diplômes!
- Comment estime-t-on la rentabilité d'un chercheur? AT&T donnait 1 dollar par invention à ses ingénieurs! Les mathématiques d'Euler sont incontournables aujourd'hui, mais au moment où il les a formulés ?
- Combien de temps passe l'inventeur dans la pauvreté et l'anonymat avant la commercialisation de son invention géniale (quand il n'est pas simplement spolié par l'industriel)
"Un chercheur passe 99% de sa vie à chercher, et 1% à trouver. Mais sans les 99%, le 1% n'existerait pas": phrase si vraie sortie de la bouche d'un de mes professeurs!Il en va de même pour tout créatif, qu'il oeuvre dans les arts, les sciences et les techniques. Allez donc visiter le musée des Arts et Métiers et le Louvre...
Alors dans ces conditions, ne serait-il pas plus efficace que la Nation soit son propre mécène?
Pourquoi se priver de la force créatrice de millions d'individus à cause de critères de sélection administratifs et incohérents?
Pourquoi s'autoriser seulement un Einstein et un Kandinski alors qu'ils en existent, peut être, une centaine?
Pourquoi vouloir réguler et réglementer la créativité alors que l'on sait pertinemment que cela est antagoniste et contre-productif ?
Pourquoi valoriser un modèle productiviste qui ne pourrait exister sans les chercheurs ni les artistes (la publicité, qui emploie-t-elle ?)?
Pourquoi passer au laminoir du mercantilisme, de la spéculation ou de l'idéologie les moteurs de l'évolution de notre espèce?
Une solution?
Une allocation de vie non conditionnée à un quelconque résultat (mais néanmoins plafonnée) et qui satisfasse réellement les besoins vitaux (alimentation, santé, logement...).
Comment financer cette allocation?
Sûrement pas en taxant le travail, ni les revenus individuels, c'est contre-productif et ça pousse à la fraude.
L'impôt ne peut être juste, puisqu'il est objectivement une punition de la performance...
Taxer la consommation est déjà plus cohérent. Encore faut-il que ce ne soit pas directement: la TVA est l'impôt le plus incohérent: plus il augmente, moins il rapporte et se condamne en étouffant la consommation.
Il ne reste que la ponction du flux financier!
Personne n'est taxé selon ses performances, mais chacun contribue, soit pas sa production, soit par sa consommation. Le flux ponctionné s'en trouve alors dopé, puisque la partie ponctionnée alimente de manière aléatoire la production et la consommation...et se retrouve alors réinjectée dans le flux: Economie de circuit!Même l'oisiveté devient ainsi rentable, puisque l'oisif est par définition consommateur.
Seul inconvénient de ce système: c'est un réseau autorégulé.
Dans ce système, le danger vient des points de blocages et de fuites. Imaginez un réseau de canaux d'irrigation en circuit fermé. Tant que le débit et le niveau de l'eau sont à peu près similaires en tout point, ça circule, plus ou moins vite, mais ça circule. Maintenant, s'il y a un trou, l'eau s'échappe. Et s'il y a un étranglement, ça déborde.
Dans le système financier décrit, le gouffre serait les personnes qui captent et conservent l'argent sans réinjecter. Bref des rentiers capitalistes.
Le débordement viendrait de la réinjection massive, ou de l'effondrement de la consommation: système communiste révolutionnaire...
Dernière conséquence de ce système: les milliardaires et même les millionnaires disparaîtraient. Donc plus de ploutocratie possible sans destruction de l'économie...
Au fait, ce type de système fonctionne depuis longtemps: c'est notre biosphère...
Dans un système biologique, la concurrence porte un nom: le cancer!






